Nous les hommes

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Cours vers la victoire avec ta Balle d’Acier, Jérôme !!

En janvier, les éditions Tonkam ont publié les premiers tomes des arcs n°3 et n°7 de la grande saga de bande dessinée nippone Jojo’s Bizarre Adventure, nommés respectivement Stardust Crusaders et Steel Ball Run. Dans ce billet, je vais vous parler de mes premières impressions sur Steel Ball Run, arc inédit chez nous, avec pour héros Gyro Jayro Zeppeli et Johnny Joestar.

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C’est dur de se planter sur l’adaptation d’une couverture où il n’y a quasiment rien à changer. Ils ont failli si vous regarder en bas à gauche. Heureusement, ce n’est qu’un pré-visuel…

Non.

Non, malgré le titre non sans ironie qui traduit mon avis sur l’adaptation et la communication de l’éditeur, je ne vais pas une nouvelle fois hurler au scandale. Je l’ai déjà fait. Cette fois, je vais vous bien vous parler de que je pense de ce premier tome.

Bon alors, s’il y a bien un truc où Araki fait fort, c’est les combats finaux. Le combat final de Stone Ocean, la sixième saison, ne dérogeait pas à la règle, mais ne suffisait quand même pas à effacer les erreurs de l’intrigue. Stone Ocean, c’était une trame trop propre (=pas de surprise dans l’enchainement des adversaires) dans un bordel graphique (‘tain, Jojo a toujours eu ce problème, mais là, on atteint le summum). J’ai aimé lire Stone Ocean quand même, parce qu’il y a toujours ce petit côté outrancier et bourrin qui défoule. Mais cette saison faisait pâle figure face à l’énormissime quatrième, Diamond is Not Crash, où Araki avait réussi à nous pondre toute une panoplie de grandes figures charismatiques telles que Rohan le mangaka, Kira le super-vilain, et même Kôichi, sous ses faux airs de nabot ; et la cinquième, Golden Wind, dont on apercevait quelques signes de faiblesse graphique (entendez : ça commençait être très brouillon), mais où les combats intermédiaires n’ont jamais été aussi passionnants. À mon sens.

Donc bon, après Stone Ocean, on a peur de ne jamais trouver la série comme on l’a aimée auparavant. Grosse erreur, ha-ha !

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Jeannot Joestar et Jérôme Zeppeli. Bon ça va hein, j’ai encore le droit de rigoler.

Steel Ball Run était précédé d’une très bonne réputation, et à la lecture du premier tome, on a plus que de l’espoir, on a la promesse d’un arc de très grande qualité. Et pour le coup, on a même l’impression qu’Araki s’essaie à de nouvelles nuances pour créer une intrigue un peu plus originale par rapport à ce qu’il faisait avant (certains éléments de la série sont originaux, mais pas les intrigues, vous me suivez ?).

Donc, le pitch (qui arrive un peu tard dans le billet ! o/) : aux États-Unis en 1890, un gros promoteur du nom de Steel organise une gigantesque course, la Steel Ball Run, dont le but est de relier avec une seule monture New York sur la côte Est en partant de San Diego en Californie. À la clé : 50 millions de dollars. On attendait quelques centaines de participants, ils seront plus de 3000 à partir de la ligne d’arrivée à San Diego Beach. Parmi eux, les deux héros : en premier, Gyro Jayro Zeppeli (je ne m’y fais pas), dont on ne sait pas grand-chose pour l’instant, ni sa profession, ni son but, juste qu’il en veut, et qu’il s’est équipé d’une boule d’acier qu’il peut faire tourner très vite au point d’en faire une arme redoutable. En second, un Joestar, pour ne pas oublier la famille fondatrice de la série, du nom de Johnny. Ancien jockey célèbre, il a perdu l’usage de ses jambes après un malencontreux accident. En touchant par inadvertance la boule d’acier de Gyro Jayro Jérôme Zeppeli, il parvient à se mouvoir un instant malgré son handicap. Il se jure alors de participer à la Steel Ball Run et coller au train Jérôme Zeppeli pour découvrir son secret. Il aura toutefois du mal à monter un cheval vu son état…

Premier gros point fort de la série : le tandem de héros. Pour l’instant, Gyro est très énigmatique à tel point qu’il est difficile l’apprécier immédiatement. Par contre, il a une sacrée gueule, entre son air hautain et son sourire peu commun. Johnny a aussi le style pour point fort. Je peux vous raconter la fin du tome, ce n’est pas bien grave  puisque visiblement, ça va servir de base à l’intrigue : pour monter un cheval, Johnny doit compter sur ses bras et faire pivoter ses jambes, à la façon « capoeira » . Je trouve ça très cool. Mais bien sûr, le style c’est bien beau, mais ça suffit pas. Donc du côté de leur caractère,  on sent bien la motivation des deux bonshommes, et ça risque d’être un moteur très intéressant pour la série.

ImageOui, ce bonhomme est le héros de l’histoire. Vous souvenez de l’air sympa de Jonathan au début de la série ?

Quand je parlais de nuances pour l’intrigue par rapport aux autres saisons, je veux parler de la course. Les autres saisons de Jojo se résumaient à une succession de combats (très passionnants d’ailleurs), quasiment toujours en un contre un, et l’équipe des héros ne pouvait avancer qu’en terrassant l’ennemi secondaire qui les bloquait. Ici, il y a le facteur « course » qui intervient, ajoutant les notions de « vitesse », de « nouvelle manière d’affronter des adversaires » et de « peut-être que ça sera pas forcément toujours de la castagne ». Et pourtant, on retrouve bien des caractéristiques propres à Araki : le commentateur qui décrit l’action (Araki a toujours été obligé de faire parler les personnages pendant les combats des autres saisons pour qu’on comprenne vite ce qu’on voit, car il n’a jamais eu un style à la visibilité nette) ; et bien sûr, cette linéarité, ce fait de relier un point à un autre. Je ne trouve pas que ça soit un défaut, c’est juste une manière de raconter l’histoire, et Araki se débrouille bien dans ce registre. Mais c’est là qu’il a foiré dans Stone Ocean : la linéarité n’était pas géographique, mais évènementielle. C’est ce qu’il fallait éviter.

Concernant le dessin, c’est donc propre, beaucoup plus propre, et de ce que j’ai vu des couvertures vers la fin de Steel Ball Run et les premiers chapitres de Jojolion, ça ira de mieux en mieux. On dirait qu’Araki a fait parvenir son trait à maturité. Sans perdre son style bien sûr.

Verdict : hautement recommandable.

Limite, je me demande s’il ne vaut mieux pas démarrer par Steel Ball Run plutôt que n’importe quelle autre saison parmi celles disponibles à l’heure actuelle sur le marché français. On repart vraiment à zéro, et mine de rien, 25 tomes, ça fait une belle histoire. J’ai juste peur qu’à l’arrivée des stands, il n’y ait pas d’introduction sur la façon dont ils marchent, et ça peut déstabiliser les nouveaux lecteurs… Mais ça ne devrait pas être un gros problème dans l’absolu.


L’art du marketing

L’aut’ jour, un copain à moi, à savoir Bobo, nous informait des stats que son hébergeur WordPress fournissait en guise de bilan.

« Monsieur, vous avez accueilli X0000 visiteurs cette année sur votre blog, soit l’équivalent de quatre festivals de Cannes. »

Image« Pputaiin, mais c’est trop génial ! Moi aussi je veux accueillir quatre fois le festival de Cannes, merde ! »

Et voilà comment je me retrouve à ouvrir un autre blog sur un autre hébergeur, juste pour que le 31 décembre 2013, WordPress m’annonce que j’ai fait cinq fois le festival de Cannes. (Bah oui, je ferai forcément mieux que Bobo.)

Certains vont dire que je me fous d’eux, parce que j’alimentais plus vraiment le dernier. Oui, mais mon ambition de faire de la BD se précisant, fallait reprendre tout à zéro. A priori, je mettrai du temps à démarrer (le temps que je trouve comment faire pour dessiner proprement sur un ordi), mais à moyen terme, vous pourrez apprécier mes blagues douteuses racontées par des dessins poisseux.

Je ne pense pas délaisser pour autant la chronique BD / musique / ciné, je continuerai à vous montrer comme je peux m’enflammer sur le dernier Urasawa ou vous expliquer pourquoi le black metal national-socialiste scandinave élargit les trous de la couche d’ozone.

Allez, venez nombreux pour mon festival de Cannes, et ramenez Ridley Scott, Steve Buscemi, Natalie Portman, et Gary Oldman avec vous.

PS : la réponse, c’est parce que le hurlement d’un Norvégien équivaut à un virgule cinq fois le pet d’une vache.